Solenne Jolivet – 2011 Dar Kawa

by VB

Dar Kawa is an invitation and return to simplicity, the purity of natural fibers and lifestyles, treading lightly on the earth. The type of “interior care” that is essential, today.
Text and photos: Solenne Jolivet.

Dar Kawa invite et revient à l’essentiel, privilégiant les matières naturelles, la simplicité; à l’heure actuelle on ne peut qu’encourager ces attitudes de « soin d’intérieur ».
Texte et photos : Solenne Jolivet.

Vision de Solenne Jolivet à propos de Dar Kawa

Four orange trees growing in squares of reddish-brown soil.
In the center, a marble basin filled with water, with red petals floating on the surface.

Quatre orangers plantés dans des carrés d’une terre entre le brun et le rouge.
Une vasque de marbre, au centre, remplie d’eau, des pétales rouges à la surface.

Vision de Solenne Jolivet à propos de Dar Kawa

The floor is cool and smooth, perfect for walking barefoot. The polished cement tiles seem randomly placed, at first glance; longer contemplation of them reveals the harmony of squares, rectangles, diamonds, and triangles. An ideally balanced, symmetrical pattern appears.
Dar Kawa is not the type of place where you gobble up beauty, in a rush, like a bulimic. The first impression indulges no temptation for dazzle and brass. Dar Kawa, desert maiden, coyly engages the visitor with new surprises. The profusion of leather-upholstered tropical armchairs, deep sofas, or timeless Van-Gogh style wooden chairs with wicker seats offer vantage points from which one can observe the subtle interplay between ancient and contemporary, between the local surroundings and the distant elsewhere. The variety of textures, leathers, and colors; the cushions sporting calico covers or dyed or embroidered cotton; the plant kingdom, wood painted black, cement, wool carpets, the burnt glass of the lanterns, the mirrors, the arabesques of the windows: everything obeys simple laws of form. The circle is a recurrent theme in the house, like the square and rectangle. This is where the soul dwells, between the straight line and the curve, pi-like, in perfect equilibrium. Black and white share the space, in tones of gray, cement, coal, ebony, bright white, woolen ecru, and the silver of cups and cutlery.
Air and light are diffused by the patio skylight, offering bands of shade beneath a canvas canopy, its sails swelling and dancing at the slightest breeze from the coast, always welcome. Bask on the sunny heights of the patio long enough, and with enough leisure, and you’ll be able to tell time by the pattern of shadowy lines tracing the sun’s path. Birds thrill you with songs exotic to Northern European ears. Watch them leap from the ground to a perch on an orange tree, and back again, all a-twitter, winging about, soaring with song, life, and energy.

Un sol frais, sur lequel on peut marcher pieds nus, fait de carreaux de ciment poli, disposés d’une façon anarchique, au premier regard semble-t-il; à y regarder de plus près, carrés, rectangles, losanges, triangles, s’accordent et se répondent de façon parfaitement symétrique.
Dar Kawa n’est pas le genre de lieu où l’on consomme la beauté, dans l’immédiat et de façon boulimique, où l’on se satisfait de l’éclat premier des choses. Dar Kawa est un lieu qui surprend, et livre peu à peu, au cours des observations permise par les nombreux fauteuils de cuir coloniaux, chaises chevillées et autres profonds canapés, le jeu subtil de la correspondance instantanée de l’ancien et du contemporain, du local et de l’ailleurs. La diversité des matières, cuirs, coussins de coton imprimés, teintés, brodés, le végétal, le bois peint de noir, le ciment, les tapis de laine, le verre brûlé des lanternes, les miroirs, les arabesques des fenêtres, obéit à des lois formelles simples; le cercle, récurrent dans toute la maison, le carré, le rectangle. L’âme trouve ici, entre la ligne droit et l’arrondi, un équilibre parfait. Le noir et le blanc se partagent l’espace, dans les tonalités de gris, ciment, charbon, ébène, blanc pur, écru de laine, argent des tasses et couverts.
L’air et la lumière sont diffusés par l’ouverture supérieure du patio, elle-même entre-couverte de longues bandes de tissu épais qui gonflent et dansent au moindre souffle venu de la côte, toujours bienvenu. On peut suivre la déclinaison du soleil, par les ombres, et traits de lumière qui passent sur la blanche hauteur du Patio. Les oiseaux, aux chants nouveaux à nos oreilles occidentales, s’aventurent sur les branches des orangers, et jusque sur le sol, avec la frénésie volatile qui semble les caractériser.

Vision de Solenne Jolivet à propos de Dar Kawa

Vision de Solenne Jolivet à propos de Dar Kawa

A blend of inner and outer, of here and elsewhere, of openness and privacy, Dar Kawa is international. Browse the books everywhere, on an amazing variety of themes: English- and French-language publications on travel and food, the international language of the image, art, photography. Note the bowler-hat chandelier, the rug patchwork of leather circles, tanned skins. Mysteriously, Dar Kawa invites you in, makes you comfortable, so that you tend to forget the passageways from staircases to rooms, windows, wells of light, roofs, terraces, the surfaces on every level. But you don’t mind. It’s a pleasure to stay indoors, in the cool of the carmine lobbies or on the heights of the roof. Open to the skies, painted a color for which there is no word in my language, between saffron and ochre, faded to a patina by the wind and sun. It strikes a note in the harmony of the old city by day, and is open to the stars at night.
A vast wooden table, steps as a symbol of spaces, beds, armchairs: dine, write, or relax behind the curtain made of kiria, a local cotton.
At nightfall, pull the cords on the lights mounted on the wall, and enjoy brightness shining through their lattice shade of perforated metal. Discreet yet full of suggestion, the surroundings dictate no stale statement about the interpretation of rooms. Undoubtedly, that is the key to Dar Kawa’s charm. The environment is so graceful and full of possibility that it lets your spirit wander freely. Your senses are continually aroused and thrilled.

Entre l’extérieur et l’intérieur, entre ici et ailleurs, ouverte sur l’intime, Dar Kawa est internationale; des livres partout, sur les thèmes les plus divers, le voyage, la nourriture, l’art, en anglais, des photographies, une suspension de chapeaux melons, un tapis de ronds de cuir, et peaux teintées. A Dar Kawa, on oublie la sortie, on ne fait pas immédiatement le lien entre les escaliers, les pièces, les fenêtres, les puits de lumière, les hauteurs, la superficie des espaces. Qu’importe, on y reste volontiers, dans la fraîcheur des salons cardinaux, où sur les hauteurs de la terrasse. La terrasse, justement, ouverte au ciel et à la nuit, s’accorde avec l’environnement de la Médina; peinte dans cette couleur qui échappe aux mots de ma langue, entre l’orangé et l’ocre, comme délavée, soufflée par le vent, usée par le soleil. Une très grande table de bois, des marches pour symboliser les espaces, des lits, des fauteuils, un salon, fermé par un voile de kiria, la toile de coton locale.
Quand vient la nuit, les lampes rondes perforées, les appliques, s’allument en tirant sur des cordons; l’environnement est composé de suggestions, laissant libre part à l’interprétation des agencements, et c’est sans doute la vraie richesse de Dar Kawa; ne pas s’imposer comme un décor, mais présenter un environnement libre de toute injonction, permettant la décontraction et la jouissance des sens en permanence.

Vision de Solenne Jolivet à propos de Dar Kawa